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Xavier Charlot

Et si nous parlions du métier de commerçant en bestiaux...

 

Xavier CHARLOT

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Il est vrai que, comme toute activité essentiellement commerciale (acheter et  vendre un produit sans le travailler et le transformer), le commerce du bétail souffre d'images et d'à priori négatifs, d'intermédiaires prélevant une marge sans contrepartie. Qui plus est, nos sociétés latino-chrétiennes ne valorisent pas le commerçant au contraire des sociétés anglo-saxonnes et protestantes qui le place au coeur, si ce n'est à la tête de la cité.

Face à ce handicap, les commerçants en bestiaux ont de nombreux atouts à faire valoir pour expliquer leur métier, faire reconnaître leur fonction économique et pour pérenniser leur profession.

Un commerçant

D'abord le métier de commerçant, c'est celui de rapprocher une offre, en l'occurrence du bétail, et une demande soit pour l'engraissement, soit
pour la boucherie.

La recherche permanente de débouchés aussi rémunérateurs que possible est la fonction première du commerçant, que ce débouché soit régional, national, européen ou international. Les échanges de plus de 1,5 million de bovins vivants entre la France et ses principaux partenaires (Italie, Espagne) sont l'oeuvre pour l'essentiel des commerçants en bestiaux qui, dès les années 60, ont investi ces marchés.

A l'heure où certains s'interrogent sur l'intérêt pour la France de regarder au delà de ses frontières, notamment pour la production bovine, les commerçants en bestiaux eux interrogent les éleveurs : qui a permis le développement d'un troupeau allaitant français (Charolais, Limousin, Blonde d'Aquitaine, Aubrac, Salers, etc.) ?.

Un professionnel

Les commerçants en bestiaux, à partir d'une production dispersée, éclatée dans de nombreuses exploitations et hétérogène, apportent la logistique de tri, d'allotement et assurent l'acheminement d'un produit fragile, périssable et difficilement stockable.
Ces opérations font surtout appel au savoir-faire et à la capacité d'appréciation et de jugement des professionnels du bétail.

Ce savoir-faire des commerçants en bestiaux constitue, à n'en pas douter, le plus qualitatif qui les distingue :
nombreux sont ceux qui ont la bosse du commerce, moins nombreux sont ceux qui, en plus, ont cette
connaissance des animaux vivants qui force l'admiration des profanes.

Commerçants, professionnels du bétail, les négociants en bestiaux apportent au marché du bétail et des viandes la nécessaire concurrence qui permet de valoriser le produit et, surtout, de confronter l'offre et la demande pour déterminer lçs prix. Les commerçants en bestiaux, les marchés   sont le meilleur rempart à l'intégration de la production et, sur ce point, les intérêts des producteurs et ceux des commerçants en bestiaux se rejoignent.

Un technicien

Dans la relation avec la production, le commerçant en bétail assume aussi une fonction de conseil auprès des éleveurs pour le bétail d'élevage, d'engraissement et pour la finition des animaux de boucherie. Dans le domaine sanitaire, le commerce du bétail a aussi largement contribué à l'éradication des principales maladies (tuberculose, brucellose, leucose, etc.), toujours en liaison avec les éleveurs.

Aujourd'hui, avec la mise en place des démarches qualité, la qualification des élevages, le code de bonne pratique, un nouveau chantier s'ouvre dans lequel les commerçants en bestiaux doivent s'impliquer toujours en partenariat avec les éleveurs et avec les entreprises d'abattage et de transformation des viandes.

Le métier des commerçants en bestiaux est bien plus riche que les images d'Epinal ne le laissent penser et la mise en place des Associations d'éleveurs, s'appuyant sur
un collège d'acheteurs représentant leur aval commercial, montre bien la richesse de cette activité commerciale.

Chargés de commercialiser la production des éleveurs en amont, chargés de fournir le bétail d'élevage et d'engraissement à d'autres éleveurs, fussent-ils italiens ou espagnols, chargés d'approvisionner les entreprises d'abattage en animaux de boucherie, les commerçants en bestiaux occupent une position stratégique qui leur sera d'autant plus reconnue qu'ils sauront nouer des relations de partenariat avec les éleveurs en amont, avec les abatteurs en aval.

C'est bien la voie dans laquelle la FFCB s'est engagée avec les Associations d'éleveurs en amont, avec la CEBV en aval. Poursuivons dans cette voie.